Du cinéma plein les yeux

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Érotiques, le cri de la chair

France années 1960... La température monte d'un cran. Un peu plus, chaque jour, à mesure que les cheveux s'allongent et que les jupes raccourcissent. Le cinéma, comme à son habitude, cristallise les bouleversements sociaux. Le polar se fait de plus en plus sexy, le psychodrame se teinte d'évidents relents sexuels et la comédie flirte avec le sensuel. Titres explicites, affiches explicites et slogans explicites pour des films qui trouvent refuge dans les salles de cinéma de quartiers.

Pour le cinéma Le Royal, André Azaïs s'exprime pleinement. Cinq

mètres de coquinerie sur deux mètres trente de polissonnerie qui promettent toujours beaucoup comme avec l'évident Je suis une vicieuse (Kurt Nachmann, 1971). Quant à Suède, Enfer et Paradis (Luigi Scattini, 1968) il permettait de tout savoir sur ce pays libre avant les autres sans avoir osé le demander. On y passait allègrement de la présentation d'un fléau social, l'alcoolisme, à la pratique du naturisme dans la plus parfaite décontraction !

C’est la Suède, encore, qui présente La Possédée (Gustav Wiklund, 1970), un drame

érotique, sublimé par une affiche où la star nationale, Christina Lindberg, se love au creux d'une gigantesque main. Sous le titre rouge brasier, un très incitatif
« Interdit aux moins de 18 ans » parachève l'organe publicitaire.

Savoir susciter, savoir détourner les interdictions sont les principes d'une chaîne de production qui, consciemment ou non, participe à briser les tabous d'une époque en pleine mutation. Mai 68 n'y a pas suffi. Comment résister à pénétrer dans la salle obscure quand on dit vouloir « éduquer le public » comme avec ce très explicite

Techniques de l'amour physique (Hermann Schnell, 1969) ou revisiter un peu de littérature de jeunesse avec Les Contes de Grimm pour grandes personnes (Rolf Thiele, 1969) ?

France années 1960 et début des années 1970. Cinq mètres de canaillerie sur deux mètres trente d’espièglerie, sur la façade du Royal...