Du cinéma plein les yeux

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Composition et lettrage, quand la technique devient un art

Le travail de l'artiste face à la – grande ! – feuille blanche est d'adapter des informations précises (visuels, textes) selon une disposition propre aux caractéristiques de l'affiche de façade : des dimensions hors normes, un format de type Cinémascope qui étire l'image sur les côtés et permet d'offrir un panorama étendu.

André Azaïs dispose de différentes sources iconographiques : affiches originales mais aussi photographies du film et

pressbook (ce document promotionnel édité à l'usage des exploitants de salles regroupe des informations générales sur le film et des conseils pour attirer le public : slogans, obligations publicitaires, pavés presse). En s'appuyant plus ou moins sur ces éléments, Azaïs peut composer son affiche.

La recopie du motif de l'affiche originale est parfois évidente, comme ce chat à sept pattes de Quoi de neuf Pussycat? (création de Siry), repris tel quel par Azaïs. Le format

panoramique peut aussi apporter au visuel original toute l'ampleur qui lui manquait. C'est le cas pour Le Rideau déchiré où l'utilisation du tissu comme cadre de l'affiche donne à l'ensemble la force que le format 120 x 160 cm bridait.

Pour d'autres affiches, Azaïs fait le choix de ne pas se servir de l'affiche originale et va trouver son inspiration dans le pressbook. Ainsi pour La Brigade des cow-boys se sert-il d'un simple visuel monochrome, pas plus grand qu'une carte

postale, pour établir une fresque pleine page.

Le peintre reprend systématiquement, dans un souci d'harmonie stylistique, la police de caractère utilisée dans l'affiche originale. N'oublions pas que dans le hall du cinéma se trouvent exposées des affiches imprimées du film et des photos en vitrines. Le regard du spectateur sur l'ensemble de ces matériels doit demeurer homogène.